Une femme qui tout en étant une star en France, a toujours revendiqué son identité et ses origines.
Mesdames et messieurs, dames en heren, please welcome madame Yolande Moreau.
Sur le tapis bleu, les frileux se pressent pour rejoindre la douce chaleur de Square et saluer leurs pairs, de nombreux professionnels venus découvrir le palmarès de cette 2e Cérémonie des Magritte du cinéma. Chacun voulait y être, en être, et mis à part quelques personnalités retenues ailleurs, au théâtre surtout, les acteurs belges de premier plan sont tous réunis au Mont des Arts. Ils y croisent les réalisateurs, producteurs, auteurs et techniciens qui font le cinéma belge d’aujourd’hui. Certains sont anxieux. D’autres sont venus sans pression pour soutenir les nominés, et découvrir les résultats en direct. Le suspense est à son comble...
20h tapantes, la fête démarre, la liste des lauréats commence à s’égrener.
À l’issue du premier tour des suffrages qui s’est achevé le 31 décembre, quatre noms ont émergé dans chaque catégorie. Tous les favoris sont bien sûr toujours en lice… mais également quelques solides outsiders.
Menée tambour battant, la cérémonie n’a pas déçu: très enlevée, généralement maîtrisée, elle a été traversée par quelques délires, surtout dans sa deuxième partie avec les apparitions de Benoît Poelvoorde et François Damiens et une Helena Noguerra au diapason, provocatrice et sexy.
Plutôt décontractés et très professionnels, ces Magritte ont donc convaincu. Mais quid du palmarès? Est-il à la hauteur ?
Ceux qui sont restés sur le carreau feront évidemment la moue, mais dans quelques années, quand on regardera la liste des lauréats, on sera sans doute assez ébahi du niveau général.
Actrice, chanteuse, réalisatrice, romancière et… belge, Helena Noguerra est une artiste complète qui a échappé par son travail et son talent au syndrome "sœur de", ce qui n’est pas à la portée de la première venue.
Pour inaugurer une série qu’on espère longue et prestigieuse, c’est en toute logique André Delvaux qui a été choisi. Symbole du cinéma belge moderne, ce réalisateur mythique a fait tourner les plus grands, d’Yves Montand à Anouk Aimée, de Philippe Léotard à Marie-France Pisier, de Vittorio Gassman à Fanny Ardant. Réalisateur d’œuvres aussi marquantes que L’homme au crâne rasé, Rendez-vous à Bray, Benvenuta ou encore L’œuvre au noir, ce cinéaste ambitieux et inclassable a d’ailleurs donné son nom à l’Académie qui organise les Magritte et toute une série d’actions de promotion des œuvres cinématographiques belges francophones.
Ce Magritte d’honneur récompensera l’ensemble d’une carrière exceptionnelle qui a donné au cinéma belge quelques-unes de ses lettres de noblesse.