24 février 2026 - 14:11:57
Focus sur… les films flamands
Les quatre films flamands sélectionnés cette année pour les René du Cinéma nous font voyager dans l’espace et dans le temps, et mettent en lumière une jeune génération de cinéastes qui font leurs premier pas, ainsi que le retour d’un réalisateur chevronné.
Avec BXL, leur premier long métrage, les frères Ish (chorégraphe mais aussi écrivain) et Monir (comédien vu notamment dans Les Barons ou la série Champion) Ait Hamou s’inspirent de leur enfance pour dresser le portrait de deux frères d’un quartier populaire de Bruxelles. Tarek, 26 ans, est employé dans une usine de conditionnement le jour, et champion de MMA la nuit, il rêve de s’émanciper par le sport. Fouad, 12 ans, fragilisé par un évènement traumatique, tente de surmonter avec courage et légèreté les vicissitudes de l’adolescence. Alors que Tarek rêve d’Amérique, et que Fouad est secrètement amoureux d'une fille de sa classe, un engrenage fatal se met en route. Un cinéma populaire à visée sociale, qui fait de Bruxelles, celle des vrais gens, un personnage à part entière. BXL est produit par Peter De Maegd pour Potemkino.
Cato Kusters livre avec Julian une histoire d’amour et de deuil poignante, le portrait sensible et en mouvement d’un amour qui survit aux épreuves et à la mort. Fleur et Julian s’aiment follement et décident de se marier chez elles en Belgique, mais aussi dans tous les autres pays qui autorisent l’union entre deux personnes de même sexe, un voyage qui est autant une déclaration d’amour qu’une déclaration de guerre contre l’injustice que subissent encore les couples homosexuels. Sauf que Fleur et Julian se retrouvent fauchées dans leur élan quand Julian tombe malade et disparait précocement. Le film se focalise non pas sur le combat politique des deux femmes, mais sur l’amour comme puissance motrice, jusque par-delà la mort. Une histoire d’amour bigger than life, qui vient de recevoir l'Ensor du Meilleur film flamand, magistralement portée par Nina Meurisse et Laurence Roothooft. Le film est produit par Lukas et Michiel Dont pour The Reunion, et coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne et Delphine Tomson pour Les Films du Fleuve.
Frank Van Passel (Manneken Pis, Madonna’s Pig, Smooverliefd, nominé en 2012), revient avec Radioman, une ambitieuse production historique, qui rend hommage à l’univers de la radio belge à l’orée de la seconde guerre mondiale, et à son vaisseau amiral, le bâtiment Flagey. Le réalisateur use du prisme d’une histoire d’amour pour raconter l’histoire nationale d’un petit pays dans un grand tumulte. On y suit Elza, une jeune femme qui n’a qu’un seul rêve: se produire sur scène, comme sa mère disparue. En attendant, elle chante des pubs à la radio, en espérant devenir actrice dans l’un des feuilletons radiophoniques qui séduisent le public belge. Au détour d’un studio, son chemin croise celui de Berre, petit génie du bruitage. L’antisémitisme traverse toutes les couches de la population, et le sort d’Elza n’en est que plus incertain. Alors que dans les coulisses, le roi des Belges Leopold III retourne sa veste, la population cède, capitule, ou s’organise. Le film vaut également une nomination pour le René de la Meilleure musique originale à Wim De Wilde. Radioman est produit par Bert Hamelinck et Helena Vlogaert pour Lompvis, et Diana Elbaum pour Beluga Tree.
Soft Leaves, premier long métrage de Miwako Van Weyenberg, a pour héroïne Yuna, jeune adolescente qui vit seule avec son père Julien depuis que sa mère est rentrée au Japon et que son grand frère est parti étudier en Allemagne. Mais un banal accident vient bouleverser leur quotidien. Alors que le pronostic de Julien est engagé, Kai revient auprès de sa soeur. Mais sa présence ne peut durer qu’un temps, et tous deux accueillent avec circonspection le retour de leur mère Aika, accompagnée de leur nouvelle petite soeur. Soft Leaves, coming of age fluide et délicat souligne la distance émotionnelle qu’un fossé culturel et un éloignement géographique peuvent creuser entre une mère et ses enfants. Un premier film prometteur, tendre et solide à la fois, traversé par le chant des oiseaux et le bruit du vent dans les feuilles. Soft Leaves est produit par Antonino Lombardo pour Prime Time et Eva Kuperman et Anton Iffland Stettner pour Stenola Productions.